Juin 2005 – premier projet personnel

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okno_champs_flw_01Le maître verrier a la chance d’être un artiste complet, allant de la conception à la réalisation de son œuvre. Tout d’abord il est dessinateur et peintre lors de la création de la maquette. L’inspiration de mon premier projet personnel vient de travaux d’un très grand architecte américain Frank Lloyd Wright. Dans sa période « organique » (1900 – 1923) Wright étudie les relations entre la nature, la géométrie et le design d’objets. Les motifs sont géométriques mais on y retrouve les rythmes organiques inspirés de la botanique et de son empreinte sur l’art amérindien. Les vitraux dans la maison Robie Hause (1906) à Chicago séduisent particulièrement par leurs rythmes, cokno_champs_szkic_01ouleurs d’automne et formes botaniques simplifiées et constituent pour moi un excellent
point de départ. Se mettre dans un contexte réel et précis d’une fenêtre existante au fond du couloir au premier étage, avec ses dimensions propres, sa courbure et son exposition plein est a fortement simplifié la démarche de conception imposant tout de suite des contraintes et traçant le chemin pour les formes et les proportions. Quelques
croquis au fusain ont suffit pour passer à la taille réelle (112 cm x 47 cm) et la mise en couleur au pastel sec. Le vitrail est « vitrier » de manière intentionnée, c’est-à-dire il privilégie l’effort et la difficulté au niveau de la découpe du verre et du montage du vitrail plutôt que de le placer dans les techniques de la peinture aux émaux, à la grisaille ou au jaune d’argent. Ensuite en bon étudiant on se dirige vers le magasin vendant le verre à vitraux pour acheter son bonheur à prix étonnamment fort. L’étonnement s’estompe quand on apprend comment certains okno_champs_pic_01verres sont fabriqués et quel dégrée de maîtrise manuelle demande leur réalisation, un chapitre sera consacré à ce sujet. Mais quand on aime on ne compte pas. Je regrette de ne pas avoir fait plus de notes et de photos pendant la réalisation de ce projet. Le chemin était long, le verre était dur, le montage passait du « lâche » au « serré » à chaque séance en fonction des erreurs commises lors de la découpe et du montage. La main salvatrice du Maitre Lionel enlevant certains clous et secouant violemment l’ensemble remettait les pièces à leur place et redonnait de l’espoir. Voici le résultat, à droite, il suffit de cliquer l’image pour l’agrandir. Le vitrail n’existe que grâce à la lumière et c’est la lumière du soleil levant à Champs sur Marne qui donne cet effet sympathique et inespéré à ce travail.

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