Fabrication de vitraux

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Selon Wikipedia, le vitrail est une composition de verre formée de pièces de verre. Celles-ci peuvent être blanches ou colorées et peuvent recevoir un dessin/décor.

Depuis le début du Moyen Âge, ces pièces sont assemblées par des baguettes de plomb, appelées de la même manière, « plomb ». Ce procédé, bien qu’aujourd’hui toujours dominant, n’est pas le seul en usage : d’autres techniques existent, comme celle du ruban de cuivre, aussi appelée méthode Tiffany.

La conception d’un vitrail

Trois phases sont décisives dans le processus de création d’un vitrail. Contrairement à d’autres techniques comme la peinture à l’huile, la technique du vitrail laisse peu de place à l’improvisation pendant la réalisation.
Il est nécessaire de réfléchir en amont à tous les détails qui seront rencontrés : le dessin, la couleur, la solidité et la pérennité de l’ensemble…

La maquette, le carton et la coloration

La maquette un document qui montre un aperçu détaillé d’un vitrail en le représentant à l’échelle 1/10. Elle indique le tracé des plombs, la coloration des pièces de verre, la peinture éventuelle et le passage des armatures métalliques. Le carton constitue une étape intermédiaire entre la maquette et le tracé d’un panneau. C’est un agrandissement à l’échelle 1/1 établi panneau par panneau où tous les plombs sont indiqués tout comme les détails de peinture. La coloration détermine l’harmonie des différents verres colorés. On choisit les verres suivant les couleurs indiquées sur la maquette et en tenant compte de leur nature : antique, plaqué, imprimé.

Le tracé d’un vitrail

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Tracé pour les « Trois Mages »

Le réseau des plombs est tracé avec précision en utilisant la maquette comme modèle. Les pièces sont différenciées par des numéros afin d’être facilement localisées. Ensuite le tracé est reporté sur un calque. Cette « sauvegarde » est importante pour la réalisation de futures copies ou d’éventuelles réparations de pièces cassées. Il sert aussi à positionner les pièces qui sont coupées et éviter les confusions et les pertes. Un deuxième calque peut être réalisé pour le sertissage qui servira de guide en étant glissé sous le panneau.

La coupe des pièces de verre d’un vitrail

La coupe des pièces de verre doit être très précise car chaque défaut peut modifier le résultat, soit dans les mesures, soit dadana01_cut_01ns l’esthétique du motif. Les calibres servent de guide pour chaque pièce et leur superposition avec les pièces doit être parfaite. D’une façon générale, l’action de la coupe se fait en deux temps : une rayure puis un décrochage. Si la rayure est correctement effectuée, le verre « file » et le décrochage se fait précisément à cet endroit.

Peinture sur verre

Le peintre verrier travaille sur une surface lumineuse pour évaluer en permanence la transparence de son travail. Il peint en position horizontale sur une table lumineuse ou en position verticale (légèrement inclinée) sur un chevalet «vitré». Les traits sont réalisés grâce à des pinceaux à trait de différentes tailles, composés de poils de martre (nerveux) ou petit gris (souple). Les traits opaques sont obtenus par une grisaille au vinaigre.

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« Miro » sur la table lumineuse

L’application des aplats s’effectue d’abord avec un pinceau dit «mouilleur» composé de poils de «petit gris» puis se poursuit par l’intervention d’un blaireau. Celui-ci sert à répartir la peinture pour obtenir soit un aplat uniforme ou dégradé. La matière est délicatement dirigée par les passages successifs de son extrémité ; ce travail s’appelle le blaireautage et l’effet obtenu est un blaireauté. La qualité et l’effet obtenu dépendent de la valeur claire ou obscure de la peinture et de la finesse de son grain. Les enlevages consistent à supprimer partiellement de la matière sur une peinture non cuite pour permettre le passage de la lumière. La partie supprimée peut être enlevée d’une façon franche à l’aide d’outils durs (plume d’oie, petit bois) ou alors de façon douce à l’aide de brosses plus ou moins souples.

La cuisson des peintures vitrifiables

La cuisson intervient après l’application des peintures. Ce traitement est déterminant pour la pérennité du travail des peintres car il doit le fixer définitivement. Une pièce peut nécessiter plusieurs cuissons, soit avec le même produit pour obtenir différents effets (textures, transparences), soit avec d’autres produits dont la température de cuisson diffère. Il faut néanmoins limiter la succession des cuissons sur un même verre.

Le sertissage d’un vitrail

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Aussi appelé « mise en plomb » ou « montage », il commence lorsque les pièces du panneau sont coupées et qu’elles ne nécessitent plus aucun traitement de décoration (peinture, cuisson, sablage,…). Le sertissage regroupe l’ensemble des gestes pour assembler les verres et les plombs. Il doit respecter le chemin de plomb qui a été prévu lors du calibrage.

Le soudage

Lorsque tous les plombs sont assemblés, le réseau est solidarisé en faisant fondre un peu d’étain sur chaque intersection. L’étain est le métal utilisé pour le soudage car il fond à une très basse température (232°C).

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On l’utilise sous forme de baguettes composées d’un mélange avec 40% de plomb. De l’oléine est appliquée au préalable sur chaque intersection à l’aide d’un pinceau ou en imprégnant la baguette d’étain. Cette huile sert à décaper la surface du plomb pour que la soudure adhère.

Le masticage d’un vitrail

Cette opération assure l’étanchéité et consolide le vitrail. Elle reste très controversée au sein des professionnels car ses effets à long terme peuvent altérer la qualité des matériaux. Lorsque les plombs sont soudés, le panneau n’est pas encore hermétique. On comble les fins espaces entre les verres et les plombs à l’aide d’un mastic liquide. Celui-ci est appliqué à l’aide d’une brosse ronde pour qu’il pénètre entre les ailes des plombs et la surface du verre. Le mastic est une composition à base d’huile de lin, de blanc de Meudon (d’Espagne, de Troyes) et de siccatif (pour accélérer le séchage). Le panneau sèche ensuite pendant plusieurs jours avant d’être définitivement nettoyé et posé dans son emplacement.